Attiser les flammes : Changement climatique et risque accru d’incendie de forêt

Mar 23, 2020 | Actualités

Les derniers mois ont été très chargés pour l’Association des pompiers autochtones et le projet du Bureau du commissaire autochtones aux incendies (BCAI). L’un des thèmes sous-jacents à cette période chargée a été la relation entre le changement climatique et les incendies de forêt. Le directeur exécutif de l’APAC, Blaine Wiggins, s’est récemment rendu en Australie pour rencontrer les pompiers autochtones qui combattent les feux de forêt qui ont attiré l’attention des médias. De plus, plusieurs membres de l’équipe ont participé à des conférences et des réunions sur des sujets liés aux incendies, notamment les répercussions des changements climatiques.

Ces dernières années, les médias ont été dominés par des catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes et de plus en plus graves, dont les incendies de forêt. Plusieurs facteurs sont à l’origine de l’augmentation de la taille, de la fréquence et des pertes lors des incendies. Un facteur indéniable est le changement climatique. Janvier 2020 a été le mois le plus chaud sur Terre depuis le début de la collecte des données en 1880, et pour couronner le tout, les températures de janvier 2020 n’ont pas été influencées par El Nino ou un rayonnement solaire supérieur à la moyenne (Masters, 2020).

Avec l’augmentation des températures, le risque de sécheresse augmente et les saisons des feux s’allongent, car la neige fond plus tôt et le gel d’automne arrive plus tard (PCC, 2019). La dévastation par le dendroctone du pin a également décimé les forêts et augmenté la quantité de combustible disponible pour alimenter les incendies. La mauvaise santé générale des forêts due aux politiques de gestion forestière et aux pratiques d’extinction des incendies qui ont étouffé les feux naturels et entraîné une forte augmentation des matières combustibles contribue à la charge de combustible (Kovacs, 2001; Kovacs, 2018). Le temps plus chaud est également plus venteux; l’Ouest du Canada peut s’attendre à une augmentation de 50 % des jours secs et venteux, l’Est du Canada peut s’attendre à une augmentation de 200 à 300 % (PCC, 2019). Ces conditions sont dangereuses, surtout si l’on considère que les températures plus chaudes engendrent également des tempêtes plus fréquentes et plus violentes avec la foudre pour enflammer cet environnement sec et rempli de petit bois mort.

Les conséquences de l’augmentation de l’activité des incendies due aux changements climatiques revêtent une importance particulière pour les communautés autochtones – plus d’un tiers des personnes évacuées en raison d’un incendie depuis 1980 vivaient dans des communautés autochtones (Beverly & Bothwell, 2011, cité dans Kovacs, 2018). Comme indiqué dans notre dernier bulletin d’information, les membres les plus vulnérables de la communauté – les femmes, les aînés et les enfants – sont touchés de manière disproportionnée lorsqu’ils sont évacués de leurs maisons et de leurs communautés.

Une autre implication du changement climatique et de l’augmentation des feux de forêt est l’incidence qu’il a sur les assurances. Un thème commun aux séances de mobilisation communautaire que l’APAC a tenues à l’automne 2019 a été la difficulté de trouver des assurances abordables et adéquates dans de nombreuses collectivités autochtones. Un article récent dans Yale Climate Connections traite des implications des incendies de forêt en Californie en matière d’assurance. Les taux d’assurance ont grimpé en flèche, laissant de nombreuses personnes dans l’incapacité de payer leurs primes; d’autres se sont vu refuser le renouvellement de leur police. Dave Jones, ancien commissaire aux assurances de Californie, résume succinctement le problème en lançant un avertissement sur ce qui va se passer :

« Nous marchons sans cesse vers un avenir incertain en ce qui concerne les risques d’incendie de forêt ».

Alors que le risque d’incendie de forêt augmente en raison des changements climatiques, on constate un regain d’intérêt pour la relance des pratiques traditionnelles de gestion des incendies qui sont utilisées par les peuples autochtones du monde entier depuis des milliers d’années. Pour en savoir plus sur la manière dont les connaissances traditionnelles de la terre et les avantages du feu peuvent être utilisés pour atténuer les risques d’incendie, consultez.

Sources

Kovacs, P. (2001). Incendies et assurances. ICLR. Consulté sur le site https://www.iclr.org/wp-content/uploads/PDFS/wildfires-and-insurance.pdf.

Kovacs, P. (2018). Permis d’aménagement : Un instrument politique émergent pour les gouvernements locaux afin de gérer le risque d’incendie d’interface dans un climat changeant. Consulté sur https://www.iclr.org/wp-content/uploads/2018/05/Development-Permits_2018.pdf

Masters, J. (13 février 2020). Janvier 2020 : le mois de janvier le plus chaud jamais enregistré. Scientific American. Consulté sur https://blogs.scientificamerican.com/eye-of-the-storm/january-2020-earths-warmest-january-on-record.

Centre climatique des Prairies (PCC). (2019). Feux de forêt et changement climatique. Atlas climatique du Canada Consulté sur https://climateatlas.ca/forest-fires-and-climate-change.

Yale Climate Connections (30 janvier 2020). Après les incendies de forêt en Californie, les compagnies d’assurance abandonnent certaines polices d’assurance habitation. https://www.yaleclimateconnections.org/2020/01/after-california-wildfires-insurance-companies-drop-some-homeowner-policies/