Gestion des incendies traditionnelle : tirer des leçons de l’Australie

Mar 5, 2020 | Actualités

Lors d’un récent voyage en Australie, le directeur exécutif de l’Association des pompiers autochtones du Canada (APAC), Blaine Wiggins, a eu l’honneur de visiter Minjerribah (Île Stradbroke-Nord) en compagnie d’oncle Norm Clarke, pompier à la retraite, et de Damien Thomas, inspecteur des Queensland Fire and Emergency Services (QFES).

Norm a été le premier pompier autochtone à temps plein du Queensland et est le premier Autochtone australien à recevoir la médaille des pompiers australiens. Les noms « oncle » et « tante » sont les noms attribués aux ainés autochtones d’Australie.

« Les peuples autochtones savent comment éclaircir les sous-bois avec le feu », déclare Norman. « Nous savons comment identifier les arbres de la forêt qui brûlent avec intensité et ceux qui agissent comme retardateur de feu. » Au cours des dernières années, l’Australie, comme le Canada, a enregistré des incendies de plus en plus intenses. Cela a eu des répercussions considérables sur le paysage, car des incendies plus importants et plus chauds détruisent la flore indigène et permettent aux mauvaises herbes de se régénérer plus rapidement.

Patrick Coolwell et Darren Burns de la Quandamooka Land and Sea Management Agency (QALSMA) ont parlé de la nécessité de protéger le pays, particulièrement de la gestion des incendies de Jarlo Jargu Boma (feu au sol). Les incendies entretiennent les terres, et ce, depuis des milliers d’années. À moins que les sous-bois soient gérés, la structure de la végétation et la disposition du combustible changent, ce qui met en danger les cyprès de l’île. Les pratiques traditionnelles de gestion des incendies, qui utilisent un allumage en mosaïque, consistent à « brûler à froid » au moyen de feux moins chauds qui brûlent lentement pour favoriser la régénération de la flore indigène.

Le plan de lutte contre les incendies à Minjerribah est un modèle de collaboration. Sous la direction de  ’inspecteur Thomas, les QFES entretiennent des relations avec les propriétaires traditionnels pour gérer les incendies tout en protégeant et en respectant les biens culturels. Lors d’une intervention sur l’île, le  ommandant des QFES travaille directement avec les propriétaires traditionnels tout au long de la crise. Ce travail d’équipe permet une prise de décisions rapide dans le respect des terres et de la population.

Grâce à leur travail proactif, ils ont créé une cartographie numérique des biens culturels qui permet au personnel des services d’incendie de connaître les zones prioritaires et interdites. Par exemple, à l’extrémité sud de l’île, les cyprès ont une énorme importance culturelle. Pour les protéger, la plupart des biens ne sont pas décrits, et la couche cartographique n’est accessible qu’aux personnes chargées de gérer un incident sur l’île et uniquement durant l’incident.

Il est remarquable de constater que les services de pompiers de l’État reconnaissent et adoptent la culture traditionnelle. Cette relation incarne la réalité selon laquelle nous pouvons tous apprendre les uns des autres pour créer des collectivités plus sécuritaires et obtenir les meilleurs résultats possibles pour chaque incident. Nous avons hâte de continuer à apprendre de nos frères et soeurs en Australie et de les accueillir sur nos terres pour, à notre tour, leur transmettre nos connaissances.